
Jeux des Îles 2027 : Une réunion constructive tenue à Maurice pour renforcer la coopération régionale
20/02/2026
Trianon, vendredi 20 février 2026. Le Comité Olympique Mauricien (COM) a tenu, le jeudi 19 février 2026
à son siège de Trianon, une réunion de consultation réunissant une vingtaine de Fédérations Nationales ainsi
que plusieurs parties prenantes du sport mauricien, à la suite de l’annonce faite le 6 février par Paul
Bérenger concernant la présentation prochaine du Sports Bill au Parlement.
En ouverture de la séance, le président du COM, M. Richard Papie, a indiqué que le Comité n’a, à ce jour,
reçu aucune copie officielle du projet de Sports Act. Il a souligné qu’il est essentiel que le mouvement
sportif puisse formuler des recommandations claires et concertées avant l’introduction du texte au
Parlement. Il a rappelé que le COM a reçu des orientations et notes consultatives du Comité International
Olympique (CIO), insistant sur la nécessité d’aligner toute législation nationale sur la Charte olympique et
les règlements des Fédérations Internationales (FI), afin d’éviter tout conflit juridique ou toute sanction
internationale. Il a précisé que l’objectif de cette démarche est d’assurer une parfaite synchronisation entre la
nouvelle législation sportive, la Charte olympique et les règlements internationaux, dans l’intérêt supérieur
du sport mauricien.
La Secrétaire générale du COM, Mme Aarti Desscann, a rappelé que l’autonomie des organisations
sportives constitue un principe fondamental reconnu par le CIO. Elle a souligné que les fédérations doivent
fonctionner conformément à leurs statuts et aux règles de leurs FI respectives. Tout en reconnaissant et en
appréciant le soutien financier de l’État, elle a insisté sur le fait que celui-ci ne doit pas interférer dans la
gouvernance autonome des instances sportives. Elle a également indiqué que des communications
consultatives avaient déjà été reçues du CIO en 2023 au sujet du cadre législatif sportif.
Au cours des échanges, M. Nazir Bowud, représentant de la Mauritius Football Association, a rappelé que
les règlements des Fédérations Internationales priment sur la législation nationale dans les domaines
techniques et de gouvernance. Il a souligné l’importance du Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne
comme instance suprême en matière d’arbitrage sportif et a proposé que tout tribunal sportif local soit placé
sous l’égide du COM afin d’en garantir l’indépendance. Il a également demandé des clarifications sur
l’élaboration du projet de loi et les consultations préalables menées, tout en suggérant que les clubs et
associations sportives puissent être reconnus comme entités corporatives.
M. Rajessen Desscann, Président de la Fédération de tennis de table et Vice Président du Comité Olympique
Mauricien a mis en avant la spécificité des disciplines sportives, estimant qu’elles ne peuvent être régies par
un cadre uniforme. Il a expliqué que certaines disciplines requièrent des infrastructures lourdes et des
investissements conséquents, ce qui doit être pris en compte dans les critères de reconnaissance des
fédérations, notamment en matière de nombre d’athlètes ou de clubs affiliés. Il a plaidé pour une
catégorisation adaptée des sports et pour une loi qui simplifie la gouvernance plutôt que de la complexifier,
évoquant également des préoccupations liées à la participation des athlètes vétérans.
M. Gaurav Heerowa, président de l’Association mauricienne de badminton, a pour sa part souligné la
nécessité de moderniser la législation sportive afin qu’elle reflète l’évolution du secteur. Il a exprimé des
réserves quant à un contrôle exclusif de l’enregistrement des clubs par le Ministère et a insisté sur
l’indépendance indispensable d’un éventuel tribunal sportif. Il a également rappelé l’importance de
préserver et de valoriser les quatre piliers du sport : l’athlète, l’entraîneur, les officiels et l’administration.
M. Pascal Telvar, président de la Fédération mauricienne de boxe, a par ailleurs demandé l’accès rapide au
projet de loi afin de permettre aux parties prenantes de formuler des propositions éclairées et constructives.
Il a estimé que les questions sportives nécessitent une expertise spécialisée et a proposé la mise en place
d’une équipe technique conjointe entre le Ministère de la Jeunesse et des Sports et le COM. Il a également
soulevé des interrogations concernant certaines dispositions relatives au coaching privé et au statut des
fonctionnaires exerçant comme entraîneurs, jugeant certaines formulations ambiguës.
M. Vishal Sawaram, membre de l’Association mauricienne de badminton et du Comité Olympique
Mauricien, a exprimé des préoccupations quant à d’éventuelles restrictions empêchant un athlète actif
d’occuper des fonctions dirigeantes. Il a souligné que les anciens athlètes ne doivent pas être privés de leur
droit de contribuer à l’administration sportive après leur carrière compétitive, tout en reconnaissant
l’importance d’une gouvernance intègre.
M. Philippe Boudou, membre coopté du Comité Olympique Mauricien, a, pour sa part, attiré l’attention sur
les enjeux d’intégrité, évoquant les risques liés aux dérives financières, au blanchiment d’argent et à
l’infiltration de pratiques illicites dans le sport. Il a insisté sur la nécessité d’un cadre réglementaire
transparent, rigoureux et protecteur afin de préserver la crédibilité et le développement du sport mauricien.
À l’issue des discussions, les participants ont réaffirmé leur attachement à la préservation de l’autonomie du
mouvement sportif, à l’alignement de la législation nationale avec la Charte olympique et les règlements
internationaux, à l’indépendance des mécanismes de règlement des litiges, à la modernisation du cadre légal
et à la protection de l’intégrité du sport.
Le président du COM a conclu en remerciant l’ensemble des Fédérations Nationales pour leur présence et la
qualité des échanges. Il a confirmé que toutes les observations seront compilées et formellement soumises au
Ministère de la Jeunesse et des Sports dans les prochains jours, afin de contribuer à l’élaboration d’une
Sports Act conforme aux standards internationaux et aux intérêts du sport mauricien.
